Intrapreneuriat : quand les collaborateurs intrapreneurs partent à la conquête de l’entreprise

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innovation participative marque employeur

Intrapreneuriat : mais quelle est cette nouvelle vague qui déferle sur l’entreprise ? Véritables pirates, les collaborateurs intrapreneurs partent à l’abordage pour transformer l’entreprise et créer de nouveaux modèles, quitte à outrepasser leurs fiches de poste ou les strates hiérarchiques. L’intrapreneuriat devient ainsi la conquête de toute cette nouvelle génération de collaborateurs engagés qui passent à l’action et sont bien décidés à faire bouger les lignes.  Qui sont-ils, que font-ils et comment l’entreprise peut-elle capitaliser cette volonté de créer et d’entreprendre à l’intérieur de l’entreprise pour encourager la prise d’initiative et créer de la valeur ? Car aujourd’hui et bien plus encore demain, cette communauté sera l’équipage qui instigue une nouvelle façon de considérer son travail et son épanouissement, à refuser l’influence trop pesante d’une organisation pyramidale, et à repositionner complètement le prisme de valeur de l’entreprise. Entreprises : il est grand temps de prendre le large à la rencontre de ces rebelles qui ont tout à apporter pour vous réinventer.

Des pirates à la conquête du vaisseau-mère : quand les intrapreneurs partent à l’abordage de l’entreprise

Ils ont du potentiel, ils ont des idées et surtout, ils sont mus pour une incroyable volonté de créer et améliorer l’existant au sein de l’entreprise. Non, ce ne sont pas forcément les millenials ni la génération Y, même si souvent leur voix est celle qui porte le plus fort une envie partagée de manière intergénérationnelle. Non, ce ne sont pas non plus exclusivement les cadres et les dirigeants les plus hauts placés de la pyramide, même si c’est souvent à eux, à tort, qu’on confie les rênes.

Alors qui sont les intrapreneurs ?

Ce sont tous ces collaborateurs qui connaissent parfaitement l’entreprise et bien évidemment, ces faiblesses ou ses forces inexploitées. Ils sont partout, ils ont tous les âges, exercent toutes les professions, viennent de tous les horizons. Avec l’innovation et la prise d’initiative comme étendard, ils s’appliquent à faire évoluer les modèles traditionnels d’une entreprise qui avance bien moins vite qu’eux et que leurs attentes.

Ils savent qu’en se structurant en communauté, ils iront plus loin, plus vite et plus fort : ils se distinguent par une remarquable capacité collective et organisationnelle à s’allier et collaborer ensemble, en cassant les silos et en décloisonnant toutes les frontières qui leur sont imposées.
Et dans ce contexte, la hiérarchie est un concept qu’ils détournent volontiers. Créateurs de « relations obliques », ils collaborent sans forcément en recourir à leur manager, de manière transverse, ouverte, simplifiée et faisant fi de toutes conventions.

Une mutinerie pour révolutionner l’entreprise : l’intrapreneuriat, véritable acte de rébellion pour créer l’entreprise de demain

Armés d’une inépuisable énergie de faire changer les choses, les intrapreneurs initient des projets à forte valeur ajoutée, qui font sens pour le business, ils inventent les business models du futur, ils optimisent les processus existants ou ils contribuent à booster la productivité, l’efficacité ou l’agilité. Une véritable mutinerie qui n’a qu’un seul objectif : tirer parti du meilleur de l’intelligence collective pour réinventer leur entreprise.

Confrontée à la difficulté de prendre en compte ces nouvelles aspirations, l’entreprise se trouve face à un nouveau concept qui peut émerger en parallèle, le corporate hacking, ou l’art des collaborateurs de mener leur barque en autonome, lorsque la lenteur de l’entreprise ou sa réticence à réagir face à ce flot d’énergie devient problématique. Devenus des hackers, ils s’organisent en sous-marin pour mener de front leur révolution.

Chez EDF par exemple, un groupe de collaborateurs s’est cristallisé autour d’une ambition : celle d’ «hacktiver»  l’innovation au sein de l’entreprise. « Génération connectée » est le nom du mouvement mené par ces acteurs du changement qui se sont unis par leur appétence à initier des projets et à œuvrer de concert pour les concrétiser.

Et justement, intrapreneuriat ou corporate hacking, que fait l’entreprise et où en est-elle face à tout cela ? Elle voit débarquer ces corsaires sans être préparée à les embarquer dans son aventure. Elle navigue en eau trouble car peurs et craintes vont de pair avec la rigidité de son organisation et de son système de management : comment repositionner le rôle des managers, faire évoluer les circuits de décisions ? Car bien plus qu’un simple phénomène interne, c’est au poids de tout son système de fonctionnement que l’on touche.  A elle de se saisir de l’opportunité de mener sa propre révolution, condition intrinsèque pour constituer le terreau favorable pour identifier et valoriser ces intrapreneurs de talent !

Les pirates en quête du butin : les intrapreneurs recherchent épanouissement et engagement

L’entrepreneuriat a le vent en poupe : de plus en plus de collaborateurs lèvent les voiles pour se lancer à leur tour. L’entreprise, l’emploi à vie, ne les fait plus rêver. Pour preuve, la création d’entreprise a connu chez les jeunes un bond de + 205%. Alors pourquoi ? Parce que l’ère du digital et du collaboratif a plus que jamais facilité notre capacité à entreprendre. Parce que nombreux sont ceux qui aspirent à un idéal différent, fondé sur un tout autre prisme, où épanouissement, expression et création priment sur le reste. Et parce qu’en dehors des murs, les collaborateurs sont également des clients dont les marques savent prendre soin, et qui souffrent d’un fossé de taille avec la manière dont l’entreprise les considèrent. L’expérience client, sur laquelle tout est misée cède place à l’expérience employé, où tout est encore à façonner, et qui est tout aussi capitale. Il n’est plus légitime que leurs voix, leurs idées, leurs attentes ne soient pas prises en compte : les collaborateurs ont des choses à dire, tout comme le pouvoir de se faire entendre. Alors que la communication unilatérale des entreprises est obsolète à l’ère de la conversation, ce réseau qui s’exprime, communique, peut devenir une communauté d’ambassadeurs hors pair, à condition de nourrir leur capacité à le faire, tout comme répondre à leur besoin de sens, de reconnaissance.

Les grandes entreprises qui hier étaient attractives doivent être capable de repositionner leur proposition de valeurs pour satisfaire les attentes d’une communauté grandissante de collaborateurs parfois désabusés. Une injonction à changer, en somme, mais dont elles ont tout à gagner ! D’autant plus dans un contexte de guerre des talents. L’engagement devient le phare de leur stratégie : une notion fondamentale qui ambitionne d’attirer, fidéliser mais également fédérer les collaborateurs pour créer les meilleures conditions de travail qui soient, tout comme insuffler une nouvelle culture qui porte la collaboration, la prise d’initiative, et l’épanouissement de chacun au plus haut niveau.

Pour l’heure, le chemin s’annonce encore sinueux puisque plus de la moitié des collaborateurs se disent désengagés au travail.

Alors comment faire ?

  • Repositionner le leadership et le rôle des managers qui bifurque davantage vers l’intention collective, l’expérimental et l’expérience.
  • Développer une culture entrepreneuriale pour prendre le large de l’intelligence collective et en faire le nouveau moteur de l’entreprise
  • Donner le droit à l’échec, à la prise de risque car « une mer calme ne forme pas de marins d’expérience » (proverbe africain)
  • Débrider les potentiels pour gagner en performance et agilité et embarquer vers de nouveaux horizons plus riches, plus créateurs de valeur et davantage porteurs de sens.

Comme l’a dit Bill Gates « Dans le futur les leaders seront ceux qui savent donner du pouvoir aux autres ».

LVMH par exemple, avec l’initiative Dare (Disrupt Act Risk to be an Entrepreneur) a rassemblé plus de 4000 collaborateurs dans un processus d’idéation afin de les faire réfléchir sur les innovations de rupture de son secteur. 60 collaborateurs ont été sélectionnés et ont eu trois jours, lors d’un startup weekend, pour travailler sur 12 projets. A l’issue de l’événement, les 3 projets gagnants sont aujourd’hui accélérés, notamment avec la plateforme digitale de MyCrowdCompany pour connecter les talents. LVMH crée ainsi une véritable communauté d’entrepreneurs capable de réinventer les métiers du luxe et d’insuffler l’esprit intrapreneurial et de faire travailler les collaborateurs en mode startup au sein des Maisons du groupe.

 

En conclusion, les intrapreneurs, ces rebelles en costume, ont d’ores et déjà pris le large pour amorcer la transformation de l’entreprise et faire migrer son modèle vers un modèle qui est capable de les faire rêver de nouveau. L’intrapreneuriat devient une aventure commune, qui donne tout son sens à l’évolution à laquelle les entreprises aspirent : nouveaux modes de collaboration, de management, innovation participative et performance durable. L’intrapreneuriat, reflet de l’énergie créatrice qui marque notre époque s’annonce comme un incontestable trésor que toutes les entreprises devraient chercher. Alors, qui monte à bord ?

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